Feux de voitures électriques vs thermiques : pourquoi les pompiers les redoutent-ils ?

Les incendies de voitures électriques : réalité vs sensationnalisme

Les incendies de voitures électriques font souvent la une, alimentant les débats et les réactions passionnées, propulsés par des vidéos sensationnelles et des articles choc. Cependant, les études récentes révèlent une vérité plus complexe que ce que la couverture médiatique laisse penser.

La réalité des chiffres derrière les incendies de voitures électriques

Une vidéo montrant une Tesla en feu en quelques minutes a circulé sur les réseaux sociaux et a été largement relayée par les médias grand public. Ce type de contenu renforce l’idée que les véhicules électriques représentent un danger imminent. Pourtant, les statistiques racontent une tout autre histoire.

Une étude menée par Auto Insurance EZ, basée sur des données du Bureau of Transportation Statistics et du National Transportation Safety Board, révèle que les véhicules à essence sont 60 fois plus susceptibles de prendre feu que les véhicules électriques, qui affichent un taux de défaillance bien inférieur.

Les raisons de cette disparité

Les voitures à essence sont équipées de composants tels qu’un moteur à combustion, une boîte de vitesses et un réservoir de carburant, autant de sources potentielles d’incendie. En revanche, les véhicules électriques ne possèdent pas ces éléments, ce qui réduit considérablement le risque d’incendie de ce type.

Les batteries des voitures électriques sont constituées de centaines de cellules chimiques, avec des niveaux de rayonnement électromagnétique largement inférieurs aux normes de sécurité. Cependant, en cas de choc violent ou de dysfonctionnement électrique, un phénomène appelé emballement thermique peut se produire. Selon Bertrand Gascoin, ancien pompier, « dans certaines circonstances, une montée en température dans le pack batterie peut survenir », pouvant entraîner une combustion rapide de la batterie.

Les enjeux actuels liés aux incendies de batteries

Lorsqu’une cellule de batterie s’embrase, elle peut rapidement chauffer les cellules voisines, déclenchant un emballement thermique, malgré la présence de systèmes anti-surchauffe. Cette combustion peut se propager sans nécessiter d’oxygène extérieur, rendant sa maîtrise difficile avec des moyens conventionnels tels que les extincteurs à poudre ou les couvertures anti-feu.

Les interventions ont dû évoluer pour faire face à ces nouveaux défis. Par exemple, Renault a mis en place le système « Fireman Access », qui permet de projeter de l’eau directement sur la batterie à l’aide de buses perforantes installées sous les véhicules. Cependant, ces solutions comportent des risques, notamment des décharges électriques pour les intervenants.

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