La transition électrique de DHL Express France : une révolution dans le transport léger
Plutôt qu’une simple annonce, cette démarche engendre une réelle transformation des outils, des méthodes et des équilibres économiques du transport léger. Dans un secteur traditionnellement dominé par le diesel, l’initiative du groupe représente un test grandeur nature de l’électrification à grande échelle.
DHL Express France : cap vers une flotte 100% électrique d’ici fin 2026
Le 9 mars 2026, DHL Express France a officiellement annoncé son objectif ambitieux. D’ici la fin de l’année 2026, l’intégralité de sa flotte propre sera électrique sur le territoire français, soit environ 450 utilitaires. Un chiffre conséquent, mais qui s’inscrit dans une dynamique déjà bien avancée puisque 87 % de la flotte est actuellement électrifiée selon les informations communiquées par l’entreprise.
DHL réorganise sa flotte de livraison autour du véhicule électrique
DHL ne part pas de zéro dans cette transition. La décision repose sur un renouvellement accéléré du parc, avec l’intégration récente de plusieurs centaines de véhicules électriques. Selon CEP Research, plus de 100 eSprinter et 50 eCitan ont été ajoutés en 2026. Mercedes-Benz France précise quant à elle avoir livré 161 utilitaires électriques, dont 52 eCitan et 109 eSprinter.
Ce choix de véhicules n’est pas anodin. En effet, le constructeur allemand propose une gamme diversifiée permettant de répondre à tous les besoins du dernier kilomètre. Les eCitan sont adaptés aux tournées urbaines courtes, avec une batterie de 45 kWh offrant jusqu’à 290 km d’autonomie WLTP selon Mercedes-Benz France. Les eSprinter, plus polyvalents, disposent de batteries allant jusqu’à 113 kWh permettant de parcourir plus de 446 km, offrant ainsi une grande capacité opérationnelle.
Cette évolution est cruciale. Pendant longtemps, l’électrification des flottes logistiques était limitée par des contraintes techniques, notamment en termes d’autonomie et de capacité de chargement. DHL estime désormais que ces obstacles sont en grande partie levés, du moins pour la majorité de ses opérations. Philippe Prétat, PDG de DHL Express France, souligne que les nouveaux utilitaires peuvent parcourir près de 400 km, contre environ 100 km auparavant selon Voxlog.
Un nouveau modèle logistique pour DHL
Cette transformation concerne non seulement les véhicules, mais aussi le cœur même de l’exploitation logistique. Passer à une flotte électrique implique une refonte de la gestion des flux, des temps et de l’énergie.
DHL a lancé un déploiement massif d’infrastructures. L’entreprise prévoit environ 900 bornes de recharge en France d’ici fin mars 2026 et près de 1 000 d’ici la fin de l’année, tandis que plus de 700 points sont déjà opérationnels selon les informations de CEP Research. À cette échelle, la recharge devient un enjeu stratégique comparable à l’approvisionnement en carburant.
Contrairement au diesel, la recharge électrique nécessite une planification minutieuse. Les véhicules doivent être affectés à des tournées adaptées à leur autonomie, tout en respectant les contraintes de recharge nocturne ou inter-tournées. La disponibilité énergétique devient un élément clé de la performance.
DHL explore également des solutions pour lisser la demande énergétique. Sur son site de Créteil, l’entreprise teste une technologie de stockage permettant de recharger jusqu’à 20 véhicules simultanément. Cette approche vise à contourner les limitations de puissance des réseaux locaux, un point crucial pour les plateformes urbaines.
Une autre évolution majeure est la mise en place de points de recharge au domicile des collaborateurs pour les véhicules de fonction. DHL vise à avoir 75 % de véhicules électriques sur ce segment d’ici un an, puis 100 % en 2027.
