Marché de l’occasion : des prix historiques en chute libre depuis 2022

Le marché de l’automobile d’occasion en France connaît une tendance à la baisse significative, avec une diminution des immatriculations et des prix qui chutent à des niveaux inédits depuis 2022. Alors que la demande pour les voitures d’occasion faiblit, le secteur du neuf affiche un dynamisme inattendu. Cette évolution soulève des questions sur la direction future du marché automobile et les choix des consommateurs.

Une tendance inquiétante pour le marché de l’occasion

En juillet 2026, la France a immatriculé 472 884 véhicules d’occasion, marquant un recul de 3,4 % par rapport à juillet 2025. Sur l’ensemble des sept premiers mois de l’année, la diminution atteint 4 %, avec un total de 3,1 millions d’immatriculations. Ce phénomène indique une tendance qui perdure et soulève des interrogations sur l’avenir du secteur. En effet, par rapport à la période précédant la pandémie, le marché d’occasion accuse encore un retard de 17,7 % en juillet et de 10,7 % depuis le début de l’année.

Le secteur du neuf : une dynamique florissante

En contraste avec la baisse du marché de l’occasion, les ventes de voitures neuves affichent une belle progression. En juillet 2026, 126 808 véhicules neufs ont été immatriculés, représentant une augmentation de 9 % par rapport à l’année précédente. Au total, 984 033 immatriculations ont été enregistrées sur l’ensemble de l’année, ce qui correspond à une hausse de 2,7 %. Le rapport entre véhicules d’occasion et véhicules neufs indique un mouvement de rééquilibrage, visant à ramener la clientèle vers de nouveaux modèles.

Cependant, il est essentiel de noter que le marché du neuf demeure toujours 26,5 % en baisse par rapport à 2019. Bien qu’il semble y avoir une reprise, celle-ci reste fragile et n’arrive pas à compenser les pertes accumulées par le passé. Ce ralentissement affecte le renouvellement du parc automobile, sans parler des objectifs de décarbonation que les autorités souhaitent atteindre.

Un tournant vers les voitures plus anciennes

Les analyses par tranche d’âge des véhicules montrent une évolution notable. Les voitures de plus de 16 ans sont les seules à voir leur popularité croître, avec une hausse de 4,9 % en volume et de 8,5 % de part de marché, représentant désormais près de 28 % des immatriculations d’occasion. À l’opposé, les ventes de voitures plus récentes, notamment celles âgées d’un an ou moins, affichent une baisse limitée à 2,8 %. Les modèles de 2 à 5 ans et de 6 à 10 ans souffrent également, enregistrant des baisses respectives de 5,6 % et 6,7 % en volume.

Cette montée des voitures anciennes s’explique par la nécessité pour les acheteurs de trouver un équilibre budgetaire tout en recherchant des véhicules modernes. De nombreux consommateurs font le choix de se tourner vers des modèles moins récents, donc moins coûteux, ce qui reflète une adaptation aux réalités économiques en cours.

Des prix en baisse : un ajustement du marché

Le prix moyen des voitures d’occasion s’établit à 29 257 euros en juillet 2026, soit une réduction de 6,5 % par rapport à juillet 2025. Ce chiffre représente le montant le plus bas enregistré depuis décembre 2022. Cette baisse des prix est perçue comme un ajustement nécessaire après des hausses significatives dues à la pénurie de véhicules neufs et aux impacts de la crise des semi-conducteurs.

Lorsqu’il s’agit de marques, le marché français conservant une fidélité marquée aux constructeurs locaux, qui représentent 46,6 % de la part de marché. Cependant, une baisse de 4,2 % en volume a été observée, tout comme une perte de 0,8 point de part de marché. Les marques allemandes de luxe se retrouvent également en difficulté, ayant enregistré une chute de 6,9 % en volume, notamment des marques comme Mercedes-Benz, qui a connu une perte de 10,7 %.

Les marques de voitures chinoises : une percée significative

Curieusement, les marques chinoises commencent à s’imposer sur le marché français avec une augmentation de 82,3 % des immatriculations. Même si leur part de marché reste modeste, elle atteint 0,74 %, en hausse par rapport à 0,39 % un an auparavant. Les marques coréennes, quant à elles, poursuivent leur croissance, avec une légère progression de 1,5 % en volume et de 5 % en part de marché. Hyundai, notamment, émerge comme un acteur clé avec une croissance de 7,6 %.

Une transition énergétique qui avance doucement

Sur le plan environnemental, le marché de l’occasion commence à changer. Les immatriculations des véhicules 100 % électriques d’occasion ont crû de 55 %, tandis que celles des hybrides ont augmenté de 24,5 %. Ces motorisations électrifiées représentent presque un véhicule d’occasion sur cinq. Néanmoins, le diesel reste la motorisation dominant le marché, avec 42 % de part de marché.

La progression du marché du neuf offre une lueur d’espoir pour le secteur de l’occasion, car ces nouvelles immatriculations alimenteront l’avenir du parc. Cependant, le décalage persiste entre les ambitions politiques en matière de transition énergétique et la réalité du marché automobile français, qui se déplace à un rythme plus lent que prévu.

Questions fréquentes

Pourquoi les prix des voitures d’occasion baissent-ils ?

Les prix des voitures d’occasion diminuent principalement en raison d’un ajustement post-crise, aggravé par une baisse de la demande. Les prix ont également été influencés par la hausse de l’offre suite à une stagnation des immatriculations sur les marchés neufs.

Quelles sont les tendances dans le choix des modèles de voitures ?

Les consommateurs se dirigent de plus en plus vers des véhicules plus anciens ou très récents. Ce changement s’explique par des considérations budgétaires et un désir d’acquérir des modèles plus modernes sans trop dépenser.

Comment se porte le marché des véhicules électriques d’occasion ?

Le marché des véhicules électriques d’occasion se développe rapidement, avec une augmentation des immatriculations de 55 %. Cependant, le diesel demeure la principale motorisation sur ce segment, représentant 42 % des ventes.

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