Le gouvernement britannique envisage une taxe au kilomètre pour les voitures électriques
Les conducteurs de véhicules électriques sont confrontés à une nouvelle mesure envisagée par le gouvernement britannique. En effet, une taxe au kilomètre pourrait être instaurée pour compenser la baisse des recettes provenant des carburants fossiles. Cette initiative vise à maintenir un financement adéquat pour le réseau routier, malgré la montée en puissance des voitures zéro émission.
Une taxation pour pallier une diminution des recettes fiscales
Le concept proposé par le Royaume-Uni est simple : chaque voiture électrique serait soumise à une taxation de 3 pence par mile, ce qui équivaut à environ 0,034 euro pour 1,6 km. Cette mesure est une réponse directe à un problème financier majeur. En effet, les recettes provenant des carburants fossiles, qui étaient estimées à 24,4 milliards de livres pour 2025-26, sont en chute libre. Elles ne représenteront plus que 2 % des recettes fiscales, contre 7 % en 2019-20, d’après l’Office for Budget Responsibility.
La justification avancée par le gouvernement pour ce transfert fiscal repose sur une question d’équité. Selon un porte-parole cité par The Guardian, « La taxe sur les carburants concerne l’essence et le diesel, mais il n’existe aucune équivalence pour les véhicules électriques ; nous voulons un système plus équitable pour tous les conducteurs ». Ainsi, l’objectif est d’appliquer une contribution proportionnelle à l’usage d’une voiture électrique, sans impacter pour le moment le modèle de recharge ou la consommation d’électricité.
Quel sera le coût réel pour un conducteur de voiture électrique ?
Pour la première fois, le coût annuel d’utilisation d’une voiture électrique inclurait une composante fiscale similaire à celle des véhicules thermiques. Selon les données rapportées par The Independent, un conducteur parcourant environ 14 500 km devrait s’acquitter d’environ 320 €. Ce chiffre correspond à la moyenne de kilométrage estimée par le gouvernement.
Le dispositif envisagé, baptisé « VED+ », fonctionnerait sur la base d’une déclaration : le conducteur indique son kilométrage annuel prévu et la taxe est calculée en conséquence. Aucun système de suivi GPS n’est prévu, afin de préserver la simplicité du système et le respect de la vie privée, selon The Electric Car Scheme.
Cette future taxe modifie totalement la donne en termes de coût d’utilisation. Actuellement, la voiture électrique présente un coût énergétique inférieur à celui de l’essence, notamment en ce qui concerne la recharge à domicile. Cependant, l’addition de 3 pence par mile introduit un nouveau poste budgétaire qui pourrait réduire l’avantage financier de l’électrique pour certains utilisateurs, surtout pour les gros rouleurs.
Des implications financières différenciées selon le type de véhicule
Tous les conducteurs ne seront pas soumis à la même facture. Les véhicules hybrides rechargeables pourraient également être concernés par cette taxe au kilomètre, comme l’explique Fleet News. Ainsi, un conducteur utilisant alternativement l’électricité et le carburant thermique serait taxé même lorsqu’il roule en mode zéro émission. En revanche, les fourgonnettes électriques devraient être exemptées afin de ne pas pénaliser les activités professionnelles.
Cette perspective suscite des inquiétudes au sein de l’industrie automobile. La SMMT, qui représente les constructeurs britanniques, estime que « ce serait la mauvaise mesure au mauvais moment ». Dans un communiqué officiel, elle souligne que l’introduction d’un « système complexe et coûteux, ciblant les véhicules que les constructeurs doivent vendre » serait une erreur stratégique. Il est clair que dans un contexte où le marché des voitures électriques peine encore à atteindre sa pleine maturité, toute augmentation des coûts risque de freiner l’adoption de ces véhicules.
